“J’ai été arrêtée le 31 janvier 1944 par 3 gendarmes, l’inhumanité même, de ces 3 hommes, le chiffre 3 , chiffre impair qui montre bien la détermination d’être solidaires de ne pas se laisser influencer face à la jeunesse, face aux suppliques de ma nourrice, des demandes insistantes du maire de la commune pour ne pas m’emmener moi, si jeune, si innocente, qui avait la malchance d’être née juive! Alors que les armées alliées sont en train de délivrer l’Europe des allemands, 3 gendarmes français, ont obéit aux ordres de m’emmener à Niort pour connaître le pire : d’abord le camp de Drancy, puis l’enfer d’un voyage de 3 jours dans un wagon à bestiaux, plombé, avec des hommes, des femmes et des enfants pour arriver aux camps de la mort : c’était ça La Déportation.”
—Shoah : le message censuré d’Ida Grinspan Nouvelobs 28.04.10
April 2010
“She [Salma Yaqoob] recognises that many non-Muslim voters can feel threatened by her as a Muslim. “I’m between a rock and a hard place,” she says. “I have to jump hurdles because of the way I look. Firstly, I have to make it clear that I don’t support terrorism, secondly, that I’m British, thirdly, that I don’t just lobby for Muslims and lastly, that I’m not a Trojan horse for sinister Islamist plots. “People still question me about the hijab as a symbol of oppression. I try to stay patient and build a relationship of trust. For a real discussion, people have to be able to hear each other: someone has to pull the barriers down. People have a genuine fear, and you need to deal with it or you are dehumanising them – it won’t just go away.”
—Respect candidate spearheads quiet revolution to get Muslim women involved in politics The Guardian 23 April 2010
“(…) nous sommes entrés dans une crise de l’égalité à la française. C’est la part de vérité du malaise : il y a une difficulté française à fournir une réponse pratique et crédible au profond renouvellement des inégalités qui résulte des transformations de nos modes de vie. Notre système de protection est désormais incapable d’empêcher les plus défavorisés de subir les conséquences des transformations économiques et sociales : les femmes issues des milieux populaires, par exemple, sont les principales victimes de cette situation. Les inégalités concernent toujours les mêmes populations qu’auparavant mais avec une différence notable : alors qu’elles étaient vécues auparavant comme un destin collectif, elles sont désormais endossées comme un échec personnel. Elles ont aussi changé de nature : face aux exigences du marché du travail, les capacités relationnelles et cognitives sont inégalement distribuées entre individus. D’où la souffrance psychique (sentiment de ne pas être à la hauteur, perte de l’estime de soi).”
—Alain Ehrenberg : “Le malaise dans la société singularise la France” Le Monde 24.04.10
“Dans un pays où la justice n’est pas indépendante, comment espérer qu’un département du gouvernement se mobilise pour vous ? Si un enfant vous tape, sa mère vous insulte, son père vous frappe, si vous allez ensuite chez le grand-père pour vous plaindre de son fils et de son petit-fils, vous cherchez vraiment à recevoir des coups en plus ! Même si, dans le hall de leurs immeubles de bureaux de 30 mètres de haut sont affichés quelques slogans prétendant qu’ils sont là pour vous aider, ce ne sont en réalité que de belles calligraphies placées là pour décorer les murs, comment avez-vous pu croire qu’il s’agissait de leurs principes de travail ?”
—Chine : le blogueur le plus lu et le plus influent Global Voices en Français 24.04.2010
“un marché libre n’a jamais voulu dire un permis de prendre tout ce que vous pouvez prendre, quelle qu’en soit la manière. Certains à Wall Street ont oublié que, derrière chaque dollar en Bourse ou investi, il y a une famille qui essaie d’acheter une maison, de payer des études, d’ouvrir un commerce ou d’économiser pour une retraite”
—Le plaidoyer de Barack Obama pour une réforme financière Le Monde 22.04.10
“l’un des problèmes les plus délicats de la question, qui est celui de savoir si, pour assurer la sécurité, on peut sélectivement interdire la burqa ou s’il ne vaut pas mieux, au contraire, interdire de nombreux autres vêtements ou de nombreuses autres manières de dissimuler son visage. La difficulté est considérable, et cela d’autant plus que le risque, par exemple terroriste, n’est pas forcément le même partout, et pas forcément le même à tout instant. On peut très bien concevoir qu’il y ait des lieux très sensibles pour lesquels il soit nécessaire de prendre de grandes précautions. On peut aussi imaginer qu’il y ait des moments de crise pour lesquels ces précautions sont plus particulièrement justifiées. C’est d’ailleurs l’un des plus gros problèmes juridiques que pourrait poser une loi d’interdiction totale de la burqa : peut-on l’interdire en tout lieu public et à toute époque ?”
—“Une loi interdisant partout la burqa serait juridiquement fragile Denys de Béchillon, professeur de droit public à l’université de Pau - Le Monde 16.12.09
“And the truth is, in some of these conflicts the United States can’t impose solutions unless the participants in these conflicts are willing to break out of old patterns of antagonism. I think it was former Secretary of State Jim Baker who said, in the context of Middle East peace, we can’t want it more than they do. But what we can make sure of is, is that we are constantly present, constantly engaged, and setting out very clearly to both sides our belief that not only is it in the interests of each party to resolve these conflicts but it’s also in the interest of the United States. It is a vital national security interest of the United States to reduce these conflicts because whether we like it or not, we remain a dominant military superpower, and when conflicts break out, one way or another we get pulled into them. And that ends up costing us significantly in terms of both blood and treasure.”
—Obama prend l’affaire en main Guerre ou paix - Conférence de presse du 13 avril 2010
“Dans tous les pays, certains comportements d’un chef de gouvernement ou d’un chef d’Etat sont jugés et punis par les électeurs. Nous, en Italie, vivons dans une anormalité démocratique exceptionnelle, où un homme, qui possède un monopole médiatique, peut aussi faire de la politique, devenir chef du gouvernement et agresser quotidiennement la magistrature. Mais les personnes qui dénoncent cet état de fait sont accusés d’être ennuyeuses, banales, obsessionnelles”
—Nanni Moretti s’invente un pape “sans aucune référence à l’actualité” Le Monde 18.04.10
“Les Suédois n’ont pas hésité à abandonner leur système à prestations définies (le montant des pensions est indépendant des rentrées) pour adopter des comptes notionnels à cotisations définies. Il s’agit d’un compte en vue de la retraite où chaque couronne cotisée par l’assuré donne droit à un point, qui est lui-même valorisé selon la croissance économique, l’espérance de vie… Avantage de cette option : le salarié connaît, tout au long de sa vie professionnelle, l’évolution réelle de ses futurs droits. Il sait donc qu’en partant à la retraite à tel âge, il aura droit à tel niveau de pension, ce qui l’incite éventuellement à travailler davantage. Ce système est plus sain, car il responsabilise les salariés. Surtout, il permet de piloter facilement l’équilibre budgétaire en ajustant le montant des pensions selon les recettes.”
—“La grande réforme des retraites attendue en 2010 risque fort de n’être qu’une réformette” par Jacques Bichot, Professeur d’économie à l’IAE de l’Université Jean Moulin - Capital.fr 29.10.09
“L’art et la politique de la calomnie, développés sous les régimes de Louis XV, de Louis XVI, de la monarchie constitutionnelle de 1789-1792 et sous la République jacobine de 1792-1794, créent un univers en soi. Une foule de plumitifs et d’écrivailleurs, fruit de l’explosion démographique de la république des lettres, crèvent la faim à Paris, subsistent grâce à des travaux alimentaires pour quelques mécènes, et, lorsque l’embastillement pour dettes menace, se réfugient à Londres notamment où ils se font précepteurs, traducteurs, colporteurs de brochures, tout en produisant en série plagiée, grâce aux rapports fournis par des informateurs secrets à Paris et à Versailles, des opuscules qui diffament le souverain et ses ministres, les danseuses et les hommes du monde, et dénoncent la dépravation et le despotisme.”
—Livre : Le Diable dans un bénitier L’art de la calomnie en France, 1650-1800 de Robert Darnton
“Place de la Concorde, j’étais toute seule à lever le poing contre Mitterrand qui recevait Milosevic. Pour moi, c’était le cauchemar total. Je participais à toutes les manifs contre la guerre. Je ne vois pas ce que je pouvais faire d’autre. J’avais un copain, Louis Jammes, qui avait fait un magnifique travail photographique : il représentait des enfants avec des ailes d’ange dans le dos, qu’il affichait sur les bâtiments en ruine. Je l’ai aidé à éditer son livre. Je retourne régulièrement à Sarajevo depuis 1996. On sent que ça peut encore péter à tout moment.”
—Agnès b comme Bosnie - Agnès b, expo, photos, Bosnie herzégovine Paris Match
“« Moi je suis française, mon pays c’est la France et je n’ai pas l’intention de quitter mon pays. Et s’il y a quelque chose qui ne va pas dans mon pays, je reste dans mon pays et je change les choses ».”
—Jeannette Bougrab : Audition HALDE Public Sénat 09.04.2010
“Au 4e étage, nous visitons le logement d’un “marchand de sommeil”. Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L’un des enfants est hospitalisé avec sa maman. Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2. La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable. Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans. Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers. Aucune de ces familles n’a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d’humidité. Cas isolé ? Non. Ce logement vient d’être acheté par un nouveau marchand de sommeil après avoir été mis en vente par l’administrateur judiciaire de la copropriété parce que le propriétaire précédent ne payait plus ses charges. Dans ma commune, ce sont des centaines de logements qui appartiennent ainsi à ces profiteurs de la misère. En toute impunité, ou presque.” (…)
“La scène que je vous ai décrite n’a, hélas, rien d’exceptionnel et n’a mérité qu’une brève dans les pages locales du Parisien. De même, le policier blessé la semaine dernière au Chêne-Pointu n’a pas mérité de faire partie de l’actualité. De tels événements font partie de notre quotidien et continuent à se produire très régulièrement dans ma commune. Qu’attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la “Cocotte-Minute” explose ? Aux dernières élections régionales, le taux de participation aux élections a été très faible à Clichy. Mais comment reprocher aux électeurs clichois de se désintéresser d’élections pour des institutions dont ils se sentent exclus, sur ce territoire abandonné de la République ? J’espère que les députés et représentants de l’Etat, témoins de cette journée ordinaire dans ma ville, seront porteurs de cette réalité au plus haut niveau de l’Etat. Parce qu’aujourd’hui, moi, maire de Clichy-sous-Bois, j’ai honte d’être le représentant impuissant de la République française.” —“Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, j’ai honte” Le Monde 10.04.10
“La scène que je vous ai décrite n’a, hélas, rien d’exceptionnel et n’a mérité qu’une brève dans les pages locales du Parisien. De même, le policier blessé la semaine dernière au Chêne-Pointu n’a pas mérité de faire partie de l’actualité. De tels événements font partie de notre quotidien et continuent à se produire très régulièrement dans ma commune. Qu’attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la “Cocotte-Minute” explose ? Aux dernières élections régionales, le taux de participation aux élections a été très faible à Clichy. Mais comment reprocher aux électeurs clichois de se désintéresser d’élections pour des institutions dont ils se sentent exclus, sur ce territoire abandonné de la République ? J’espère que les députés et représentants de l’Etat, témoins de cette journée ordinaire dans ma ville, seront porteurs de cette réalité au plus haut niveau de l’Etat. Parce qu’aujourd’hui, moi, maire de Clichy-sous-Bois, j’ai honte d’être le représentant impuissant de la République française.” —“Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, j’ai honte” Le Monde 10.04.10
“Il ne faut pas dire que le passé éclaire le présent ou que le présent éclaire le passé. Une image au contraire, est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation.
— Walter Benjamin, Paris Capitale du XIXe siècle. Le Livre des passages [1927-40], trad. J. Lacoste. Paris, Éditions du Cerf, 1993, p. 478.” —Images Re-Vues Giovanni Careri : L’histoire de l’art est une histoire de prophéties
— Walter Benjamin, Paris Capitale du XIXe siècle. Le Livre des passages [1927-40], trad. J. Lacoste. Paris, Éditions du Cerf, 1993, p. 478.” —Images Re-Vues Giovanni Careri : L’histoire de l’art est une histoire de prophéties
“« Nous nous battions seuls, maintenant, pour la première fois, nous sommes unis. Pour moi, c’est historique. Les pays qui souffrent du vol et du trafic de leurs antiquités se sont rencontrent pour la première fois. Nous sommes unis et cette unité est importante pour le retour de nos antiquités volées ».
— Zahi Hawass” —La liste internationale d’antiquités volées à restituer RFI 7.04.10
— Zahi Hawass” —La liste internationale d’antiquités volées à restituer RFI 7.04.10
“Je sais que certain observateur au langage caustique, viendra nous dire qu’il est maintenant des poissons d’avril d’autre sorte, qu’il en est de tous les mois et de toutes les saisons ; qu’on peut avec aussi bon droit dire poisson de juillet ou de septembre que poisson d’avril ; il nous citera mainte bonne niche, mainte tricherie, mainte espièglerie à l’ordre du jour, moins risibles peut-être et moins naïves, mais d’un effet plus sûr. Eh ! vraiment, ajoutera-t-il, en doutez-vous ? Les poissons d’avril sont plus que jamais en honneur, non point les amusements frivoles qui désopilaient si bien la rate de nos grand’mères, mais ces poissons d’avril perfectionnés, qui ont passé des moeurs et des réjouissances du peuple dans les habitudes du monde élevé ; non point ces poissons d’avril qui pour des vétilles faisaient trotter menu de gauche à droite, de l’est à l’ouest, de la ruelle au cabaret, quelques badauds qui se laissaient leurrer, mais bien ces poissons d’avril qui font valeter d’une manière non moins pittoresque, d’autres novices, courant à perdre haleine, du palais Bourbon au Luxembourg, du Luxembourg aux Tuileries, des Tuileries aux ministères, des ministères à la Bourse, de la Bourse à l’Académie, de l’Académie chez tels et tels fonctionnaires : tous, la main tendue, avides de recevoir le hochet et le bonbon dont on leur fait un appât ; non pas poissons d’avril de hobereaux et de vilains, mais beaux et grands poissons d’avril de rois, de diplomates, de ministres, de très hauts et très puissants députés, d’illustrissimes académiciens, etc. , etc. ; traquenards fameux, attrapes mutuelles où l’on escamote à l’envi, les empires, les pouvoirs, les emplois, les millions, la gloire, un méchant fauteuil , les droits et les libertés.”
—T. de Jolimont : Monologie du mois, poissons d’avril (1843)
“Drôle d’époque ! On vit dans le passé, on s’accroche au présent, on œuvre pour le bien de ses enfants, on imagine la fin du monde, dans un siècle ou deux – et, en même temps, on ne voit pas plus loin que le bout de son nez.”
—GAV [garde à vue] : il faudrait accorder les violons ! blog “POLICEtcetera”, 4 avril 2010
“lecture devant Benoît XVI par le père Cantalamessa d’une lettre de « solidarité » au pape et à l’Eglise reçue d’un « ami juif ». Ce dernier y dénonce une « attaque violente et concentrique contre l’Eglise (et) le pape » avant d’ajouter, « l’utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l’antisémitisme ». En Allemagne, le secrétaire général du Conseil central des juifs Stephan Kramer l’a qualifié « d’impertinence et d’insulte vis-à-vis des victimes des abus sexuels et des victimes de la Shoah ». De son côté, Marvin Hier, fondateur du Centre Simon Wiesenthal de lutte contre l’antisémitisme, est allé plus loin, exigeant les « excuses » de Benoît XVI pour ces « remarques blessantes », « honteuses, hors de propos » et cette «déformation totale de l’histoire ». Il a rejeté toute comparaison entre des siècles d’antisémitisme qui ont mené à «la mort de dizaines de millions de personnes innocentes avec des criminels qui renient leur foi et leur vocation en agressant sexuellement des enfants».”
—Le Vatican dans la tourmente, s’attire les critiques des communautés juives RFI 4 avril 2010
“Pendant mes cours de journalisme à New York, je me voyais asséner l’injonction suivante: “don’t editorialize! ever!” (“ne prend pas position dans tes articles! jamais!“). A l’inverse, la semaine dernière à Paris, alors qu’on réalisait un journal-école sur le modèle de Libération, mon encadrant préféré, Pierre Ballester, me priait d’ajouter un peu de moquerie et de sarcasme dans mes lignes. Je me retrouvai comme prostrée devant mon écran.”
—» To be or not to be journaliste en France blog “C’est pas ma faute, je suis franco-américaine”, 23 février 2010
“Pourquoi y a-t-il davantage de gardes à vue aujourd’hui ? “C’est la loi, relève-t-il. Avant la garde à vue c’était une mesure de contrainte, aujourd’hui c’est devenu un espace de droit.”
—Le directeur général de la police nationale - Frédéric Péchenard - défend le principe de la garde à vue - LeMonde.fr